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Contexte

En Europe, environ 500 000 personnes décèdent prématurément tous les ans en raison de la pollution atmosphérique incluant, entre autres, les particules fines PM2.5 (particules de diamètres inférieurs à 2.5 micromètres). En France, Santé Publique France recense un chiffre d’environ 40 000 décès prématurés par an associés à la pollution atmosphérique. 

L’ammoniac, précurseur de particules fines PM2.5

Les particules ont des origines multiples (naturelles et anthropiques) mais peuvent également être formées par réaction physico-chimique à partir de précurseurs gazeux (tel que le dioxyde de soufre – SO2, les oxydes d’azote – NOx ou encore les composés organiques volatils – COV) présents dans l’atmosphère. 

L’ammoniac (NH3) est un gaz alcalin très réactif et soluble, issu de sources variées dont principalement l’agriculture via, entre autres, l’épandage de fumier et l’application d’engrais minéraux. L’ammoniac est un précurseur gazeux qui réagit dans l’atmosphère avec des polluants acides tels que le dioxyde de soufre et les oxydes d’azote pour produire des particules fines. Tandis que l’ammoniac gazeux a une durée de vie courte d’environ un jour, les particules fines PM2.5 ont généralement une durée de vie plus longue, de 7 à 10 jours, permettant leur transport sous forme de particules d’ammonium (NH4NO3, (NH4)2SO4, …) dans des zones éloignées de leur région source.  

Une problématique d’origine agricole

Le secteur de l’agriculture est actuellement responsable de la majorité des émissions d’ammoniac en Europe. En 2015, les activités agricoles ont provoqué l’émission de 3,7 millions de tonnes d’ammoniac soit 94% de l’ammoniac total émis en Europe, contribuant à la pollution particulaire à l’échelle du continent. En France, en 2018, 594 kilotonnes d’ammoniac ont été émis dont une proportion significative en Bretagne (CITEPA, 2020). En effet, bien que la Bretagne ne couvre que seulement 5% du territoire français, le secteur agricole dans la région contribue à 17% des émissions d’ammoniac à l’échelle nationale (soit environ 100 kilotonnes). Par ailleurs, de 2008 à 2018, la tendance d’évolution des émissions d’ammoniac en Bretagne n’est pas à la baisse, les émissions restent stables (+1%) (ISEA, v4.1).  

Vers des pratiques moins émissives

Pour faciliter la mise en place de mesures de réduction des émissions d’ammoniac associées au secteur de l’agriculture, un guide des meilleures techniques agricoles pour une bonne qualité de l’air a été publié en septembre 2020 par l’ADEME. Néanmoins, les techniques présentées sont peu pratiquées car perçues comme coûteuses et complexes. Leur promotion est, par ailleurs, limitée auprès des agriculteurs malgré un accompagnement des chambres régionales d’agriculture. Enfin, il n’existe, pour l’heure, aucune stratégie opérationnelle visant à promouvoir l’évolution des pratiques agricoles au sein des territoires les plus concernés par un projet pilote tel qu’ABAA le propose (accompagnement des acteurs et production d’un dispositif duplicable à l’échelle régionale). 

D’où l’importance et l’enjeu via ABAA, de développer un programme intégrant tous les outils existants (mise en place d’un réseau de surveillance de l’ammoniac, inventaire des émissions et modélisation de l’ammoniac, accompagnement agronomique, mise à disposition d’informations sur du matériel moins émissif, etc.), aussi convivial et pratique que possible, pour favoriser son appropriation auprès des agriculteurs. ABAA répond à ce titre, au besoin de promouvoir et de faciliter l’utilisation des meilleures techniques agricoles à travers une action intégrée et proche des parties prenantes.